Des vertus, un combat

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3 avril 2010

René Guénon et le Bouddhisme

Publié par vertusetcombat dans Archives

Par le Dr Jean-Pierre Schnetzler, Les Cahiers de l’Herne. René Guénon, 1985 (pp. 342-350).

« Nous avons choisi de traiter ce sujet d’abord par reconnaissance envers l’influence spirituelle de celui qui fut et reste le maître du renouveau traditionnel. La lecture de son œuvre, en 1956, nous fit passé du stade de l’occidental-intéressé-par-le-bouddhisme, à l’état de bouddhiste pratiquant, d’upasaka ou fidèle laïc, suivant les formules rituelles, à une époque où, en France, ceux-ci se comptaient sur les doigts de la main. Ensuite, parce que notre engagement dans les milieux des bouddhistes occidentaux nous a fait percevoir, tout à la fois, les vertus essentielles de l’œuvre guénonienne pour la compréhension droite du Dharma, et les obstacles apportés par les variations du jugement de René Guénon, primitivement défavorable au bouddhisme. Enfin, parce que certaines considérations tirées de l’œuvre guénonienne permettent de mieux saisir le sens et la portée de l’introduction du bouddhisme en Occident.

Rappel historique

Il nous faut d’abord examiner quelles ont été les positions successives de René Guénon devant le bouddhisme et leurs causes. Dans la première édition de L’Homme et son devenir selon le Védânta (Bossard, 1925) et dans l’Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, de 1921 à 1939, ainsi que dans les articles rédigés durant cette période, Guénon soutenait l’hétérodoxie du bouddhisme. Lorsque, dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale, il prit connaissance de la documentation apportée par A. K. Coomaraswamy, puis par Marco Pallis, il reconnut son erreur et décida de la rectifier, d’abord dans les éditions anglaises des ouvrages précités, puis dans les nouvelles éditions françaises qui parurent dans l’immédiat après-guerre.
On peut se demander pourquoi cette erreur, d’ailleurs passagère, la seule sans doute sur le fond, décelable dans son œuvre. Marco Pallis qui fut l’artisan actif de la réparation en donne l’explication suivante :
« Le nouvel enthousiasme du jeune Guénon pour la sagesse védantine telle que le grand Shankaracharya l’a exposée le conduisit à rejeter anattâ, et avec celui-ci le bouddhisme tout entier, considéré comme rien de plus qu’une ride d’hérésie sur l’océan de l’intellectualité hindoue ; le fait de ne pas avoir consulté de textes bouddhistes parallèles fut responsable de la conclusion hâtive à laquelle il tint obstinément pendant un temps » (Lumières bouddhiques, Fayard, 1983).

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29 mars 2010

Penseurs : René Guénon

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Penseur majeur de la re-découverte de la Tradition primordiale en Occident, ce français, converti à l’Islam soufi, finit sa vie en Egypte, d’où il participa à travers ses oeuvres et relations épistolaires a initié ses contemporains les plus érudits.

«L’accord sur les principes ne suppose aucunement l’uniformité.»

 . Biographie :

Biographie issue de « La crise du monde moderne »

 . Bibliographie 

 . Compilations de livres :

La crise du monde moderne

 . Espaces internet dédiés :

René Guénon

 . Citations, textes et extraits :

Le rationalisme (extrait) –  La materia secunda (extrait) – La psychologie (citation) – Du pôle essentiel au pôle substantiel (extrait) – Ungern-sternberg vu par René Guénon - René Guénon et le Bouddhisme (Dr. Schnetzler)

René Guénon
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7 mars 2010

Kalki, le dernier Avatâra de Vishnu et destructeur du Kali-Yuga

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Par Georges Gondinet,  dans l’Age d’Or pour la révolution spirituelle n°1, Hiver 1983

L’Inde a vu naître l’une des doctrines métaphysiques les plus prodigieuses: celle des avatâras, c’est-à-dire, des «descentes» ou «incarnations» du divin, au cours des âges du monde. Grâce à elle, l’homme peut repousser le désespoir qui parfois le gagne, sait que le triomphe du Mal n’est jamais que passager. Au fur et à mesure de l’involution, pris dans la spirale de la décadence, l’homme s’éloigne du principe divin et endosse la livrée des serviteurs du Mal. Pour remédier à cela, pour rattraper les choses, Vishnu, le Conservateur du monde, « descend ». L’avatâra est la descente du Divin «au-dessous de la ligne qui sépare le monde divin du monde humain ou de la condition humaine». Au. moment où les ténèbres s’épaississent, Vishnu vient réveiller la nature divine de l’homme. C’est pourquoi l’avatar, «la naissance divine a deux aspects – nous apprend Shrî Aurobindo – : l’un est une descente, la naissance de Dieu en l’humanité, la Divinité se manifestant en la forme et la nature humaines, l’Avatar éternel; l’autre est une montée, la naissance de l’homme en la Divinité, l’homme s’élevant jusqu’en la nature et la conscience divines, madbhâvam âgatâh ; c’est l’être né de nouveau en cette seconde naissance de l’âme. C’est afin d’aider à cette nouvelle naissance que vient l’Avatar et que doit se maintenirle dharma»! ».

La fonction de l’avatar divin nous est révélée par ce passage de la Bhagavad-Gîtâ (IV, 7-8) : «Chaque fois que le dharma s’efface et que monte l’injustice, alors Je (Krishna) prends naissance. Pour la libération des bons, pour la destruction de ceux qui font le mal, pour mettre sur le trône la Justice, Je prends naissance d’âge en âge».

Il n’est pas sans intérêt, étant donné l’extrême richesse de cette doctrine, de rappeler ici, en quelques lignes, les principaux avatâras de Vishnu, au nombre de dix, et dont le dernier nous concerne tout particulièrement puisqu’il s’agit de Kalki, le destructeur de l’âge des conflits, du Kali-Yuga.

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18 février 2010

Voies traditionnelles actuelles II : Esotérisme chrétien et spiritualités non-théistes

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Par Antonio Medrano, Le mouvement traditionnel de l’Occident (réponse à Claudio Mutti), Kalki n°2

[...] Je vois la communauté ou l’« Ordre» traditionnel de l’Occident moderne, non pas comme un groupement de ceux qui ont atteint le but, mais de ceux qui veulent parcourir le chemin. Une union amicale et fraternelle, fondée sur la solidarité et la camaraderie, de tous ceux qui ont décidé de s’embarquer à bord de la nef de la Tradition, pour la faire avancer et la défendre de toutes leurs forces en cette ère de chaos et de ténèbres.

D’un point de vue pratique, et compte tenu des circonstances concrètes que nous devons affronter aujourd’hui, nous sommes obligé de reconnaître que beaucoup de ceux qui répondront à notre appel non seulement ne seront liés à aucune tradition orthodoxe, ni ne vivront conformément à une voie régulière de réalisation spirituelle, mais qu’il subsistera même dans leur esprit des erreurs et des faiblesses, provenant d’une contagion de la mentalité moderne, héritage inévitable du monde dans lequel s’est développée leur vie. Purifier l’esprit des individus en question de ces scories et résidus psychiques, est une autre des finalités qui incombent au mouvement traditionnel de l’Occident. Nous ne concevons aucun doute sur le fait que si notre action est menée à bien avec effort, intelligence et amour, avec sérieux et rigueur, chacun verra de lui-même les erreurs dont il est porteur, et ne tardera pas à s’en détacher pour finir par s’insérer naturellement, comme le fruit mûr qui de lui-même se détache de l’arbre, dans la voie traditionnelle qui lui est la plus adaptée.

2 – Nous considérons comme des voies non assimilables par l’homme occidental, en principe et de manière spéciale, toutes celles qui, par leur nature même, se trouvent limitées à un certain corps ethnique ou culturel qui ne conserve aucune parenté avec les éléments raciaux composant l’organisme historique et culturel européen, ce qui entraîne l’existence de difficultés spéciales sur le plan des mentalités et des comportements existentiels. Des traditions de ce type sont, par exemple, le Shinto japonais, le Judaïsme, le Chamanisme nord-asiatique et les religions africaines, ainsi que certaines branches de la tradition hindoue.

 

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14 février 2010

L’hypothèse de la surhumanité primordiale et la fonction idéologique de l’évolutionnisme : extrait

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 par Daniel Cologne

Le darwinisme est venu combler d’autant plus facilement le vide spirituel du monde moderne que ne subsiste plus, depuis quelques siècles, comme conceptions « métaphysiques » des origines de l’homme, que le créationnisme réduisant Dieu à une sorte de géniteur universel conçu de manière anthropomorphique et personnalisée. On est désormais fort loin de l’Absolu intemporel et transpersonnel des doctrines métaphysiques véritables telles qu’elles sont maintenues, sous une forme théorique très élaborée, en Orient (Hindouisme, Bouddhisme, Taoisme, Islam). Georges Vallin voit, dans cette temporalisation de l’Absolu réduit à sa dimension de « cause première », la véritable « mort de Dieu », le déicide primordial bien antérieur à Nietzsche, au point que les zélateurs actuels de ce dernier s’acharnent sur un squelette avec une arrogance de « libres penseurs » où le morbide le dispute au ridicule. Bien qu’Aristote ait pressenti certaines vérités hautement métaphysiques, comme en témoigne sa théorie du « moteur immobile » analogue au wei-wu-wei (agi-sans-agir) de Lao Tseu et de ses disciples, Georges Vallin situe dans la révolte anti-platonicienne du Stagyrite l’origine de cette relativisation du divin qui allait égarer dans une impasse la quasi-totalité de la philosophie occidentale.

L’envisagement de l’absolue transcendance de Dieu et l’exclusion corollaire de toute intervention personnelle de Dieu dans le devenir humain, telle est la double prémisse de la vision métaphysique du monde qui englobe également la multiplicté indéfinie des modalités de la puissance cosmique (« les états de l’être » dont René Guénon a vulgarisé en Occident la conception propre à l’école védantine). Ce dernier aspect, immanent et « non suprême », de Dieu revêt un caractère aussi absolument impersonnel que la transcendance « suprême » dont il est question plus haut. L’intervention divine dans le monde manifesté s’effectue par l’intermédiaire des multiples états énergétiques dont l’état humain fait partie sans occuper, dans la totalité du « courant des formes » (expression taoiste), aucune position privilégiée, pas plus que l’état animal ou que n’importe quel autre état.

Comme il existe entre les états multiples de l’Etre à la fois une relation hiérarchique et un rapport de continuité (nous renvoyons sur ce point à René Guénon, à son Symbolisme de la Croix et à ses ouvrages spécialisés sur les doctrines hindoues), l’état humain peut donc être atteint, d’un côté à partir d’un état infra-humain (origine à laquelle le transformisme veut le ramener totalement), de l’autre à partir d’un état supra-humain (symbolique attesté dans les légendes et les doctrines de la Tradition par les « anges », les « dieux », les « hommes transcendants », les « maîtres de l’Antiquité » dont parle le Tao-te-king, etc.). Quant à l’homo sapiens dont nous sommes les héritiers, il peut être les produits d’un mélange de deux modalités de l’état humain, deux modalités d’origines différentes, l’une d’origine animale (thèse transformiste d’un ancêtre commun au primate et à l’homme), l’autre d’origine surhumaine, ainsi qu’en témoigne le haut niveau spirituel des civlisations passées, inexplicable par une évolution spontanée du singe à l’homme, incompréhensible sans l’intervention d’une modalité supérieure.

Source : revue Totalité n°15

4 février 2010

Ungern-sternberg vu par René Guénon

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BARON VON UNGERN-STERNBERG

Ce qu’en dit René Guénon

« Le baron Ungern était un homme extraordinaire, une nature très compliquée, aussi bien au point de vue psychologique qu’au point de vue politique.  Pour donner d’une façon simple ses traits caractéristiques, on pourrait les formuler ainsi :
1° il était un adversaire acharné du bolchevisme, dans lequel il voyait un ennemi de l’humanité entière et de ses valeurs spirituelles ;
2° il méprisait les Russes, qui à ses yeux avaient trahi l’Entente, ayant rompu pendant la guerre leur serment de fidélité envers le tsar, puis envers deux gouvernements révolutionnaires, et ayant accepté ensuite le gouvernement bolchéviste ;
3° il ne tendait guère la main à aucun Russe et il fréquentait seulement les étrangers (et aussi les Polonais, qu’il estimait à cause de leur lutte contre la Russie); parmi les Russes, il préférait les gens simples aux intellectuels, comme étant moins démoralisés ;
4° c’était un mystique et un Bouddhiste; il nourrissait la pensée de fonder un ordre de vengeance contre la guerre ;
5° il envisageait la fondation d’un grand empire asiatique pour la lutte contre la culture matérialiste de l’Europe et contre la Russie soviétique ;
6° il était en contact avec le Dalaï-lama, le « Bouddha vivant » et les représentants de l’Islam en Asie, et il avait le titre de prêtre et de Khan mongol ;
7° il était brutal et impitoyable comme seul un ascète et un sectaire peut l’être; son manque de sensibilité dépassait tout ce qu’on peut imaginer, et semblerait ne pouvoir se rencontrer que chez un être incorporel, à l’âme froide comme la glace, ne connaissant ni la douleur, ni la pitié, ni la joie, ni la tristesse ;
8° il avait une intelligence supérieure et des connaissances étendues ; il n’y avait aucun sujet sur lequel il ne put donner un avis judicieux ; d’un coup d’œil, il jugeait la valeur d’un homme qu’il rencontrait… Au début de juin 1918, un Lama prédit au baron Ungern qu’il serait blessé à la fin de ce même mois, et qu’il trouverait sa fin après que son armée serait entrée en Mongolie et que sa gloire se serait étendue sur le monde entier. Effectivement, à l’aube du 28 juin, les bolchévistes attaquèrent la station de Dauria… et le baron fut blessé d’une balle au côté gauche, au-dessus du cœur. En ce qui concerne sa mort également, la prédiction s’est réalisée : il mourut au moment où la gloire de sa victoire emplissait le monde entier
».

Major Antoni Alexandrowicz, officier polonais qui avait été, comme commandant de l’artillerie mongole, sous les ordres directs du baron von Ungern-Sternberg en 1918 et 1919, cité par René Guénon.

« La dernière phrase est peut-être excessive, à en juger par les discussions auxquelles nous faisions allusion au début; mais ce qui parait certain, c’est qu’il ne fut nullement capturé par les bolchévistes et que, quoique très jeune encore, il mourut de mort naturelle, contrairement à la version de M. Vladimir Pozner. Les lecteurs de celui-ci pourront voir aussi, d’après ces indications authentiques, si un personnage de cette sorte put n’être au fond, comme il l’insinue, qu’un simple agent au service du Japon, ou s’il ne fut pas plus vraisemblablement mû par des influences d’un tout autre ordre ; et nous ajouterons encore, à ce propos, qu’il n’était pas précisément ce qu’on pourrait appeler un « néo-bouddhiste », car, d’après des informations que nous avons eues d’une autre source, l’adhésion de sa famille au Bouddhisme remontait à la troisième génération. D’autre part, on a signalé récemment des phénomènes de « hantise » se produisaient au Château d’Ungern ; ne s’agirait-il pas de quelques manifestations de « résidus psychiques » en connexion plus ou moins directe avec toute cette histoire ? »

Voir aussi : René Guénon : citations, biographie, bibliographie, compilations, liens …

30 janvier 2010

Deux lettres de René Guénon à A. K. Coomaraswamy

Publié par vertusetcombat dans Archives

Parues dans René Guénon, Cahiers de l’Herne, 1985.

. Le Caire, 13 septembre 1936

Cher Monsieur,

Je viens de recevoir votre lettre du 22 août, qui s’est croisée avec la mienne; comme vous le verrez, je m’inquiétais un peu de n’avoir pas de nouvelles de vous, et, en fait, je vois que malheureusement je n’avais pas entièrement tort. Il était pourtant à espérer que le séjour à la campagne vous remettrait de votre fatique; le prolongerez-vous un peu plus que vous n’en aviez l’intention? En tout cas, comme vous m’aviez dit que vous y resteriez jusqu’au 1er octobre, j’y adresse encore cette lettre, car je pense qu’elle vous parviendra avant cette date.

Je vous remercie bien vivement pour votre nouvel article, que je viens de lire et que je trouve fort intéressant comme toujours; il apporte des précisions très importantes sur la question de la distinction de l’art traditionnel et de l’art profane. Ce que vous dites du «vestigium pedis» éclaire aussi beaucoup ce point; et, quant au sens de «mârya», je dois dire que j’y avais assez souvent pensé, mais sans arriver à trouver une explication suffisamment nette. – Je prends note de ce que vous me dites de la possibilité de publier l’article en deux parties; cela dépendra naturellement de la place dont on pourra disposer; c’est ennuyeux d’être toujours si limité pour le nombre de pages, pour des raisons qu’il est trop facile de comprendre!

 

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30 janvier 2010

Ananda K. Coomaraswamy : biographie, partie 2

Publié par vertusetcombat dans Archives

Un exemple de ce parcours intellectuel ascendant nous est fourni par son approche du rapport Asie-Occident, auquel est lié le concept de « sagesse orientale » (et plus particulièrement « indienne »), visant « le bien-être humain » -cette finalité ne devant évidemment pas être interprétée dans un sens hédoniste. « A l’avenir, écrit Coomaraswamy, la civilisation devra être humaine, et non plus locale ou nationale (…) Le peuple élu de l’avenir ne saurait être une nation ou une race, mais une aristocratie de la Terre qui unisse la virilité de la jeunesse européenne à la sérénité de la vieillesse asiatique ». Ou bien encore : « En ce moment, tandis que le monde occidental réalise qu’il a échoué dans la tâche de recueillir les fruits de la vie au sein d’une société fondée sur la compétition et l’auto-affirmation, la découverte de la pensée asiatique offre un sens nouveau et profond à l’existence, mettant en avant les concepts d’ordre moral et de responsabilité mutuelle (…) L’hindouisme (…) se positionne contre le monde du laisser-faire, demandant à ses disciples d’abandonner tous leurs ressentiments et leurs convoitises (…) offrant en échange le bonheur et la paix, au-delà de notre seule appréhension rationnelle du monde ».

Le cadre de cette rencontre Orient-Occident était alors aussi nettement laïc que philosophique :

l’ « esprit » était entendu dans son acception moderne, sans épaisseur ni transcendance. La connaissance restait un fait humain -portée certes à un très haut niveau-, tandis que la morale devenait une valeur suprême (là encore, à un degré d’exigence fort éloigné du moralisme vulgaire). Durant cette période, Coomaraswamy, qui refusait déjà la dénaturation des identités collectives, combattait pour une philosophie syncrétique et élitiste à nuances cosmopolites, fondée sur la convergence des vérités orientales et des théories philosophiques occidentales, même modernes. Ainsi s’explique, par exemple, l’équivalence alors posée entre l’Eveillé du bouddhisme et le Surhomme de Nietzsche. L’individualisme idéaliste de Coomaraswamy - »religion de l’Europe moderne »- s’alimentait de telles analogies. Sa philosophie pouvait réunir un mystique comme William Blake, un transcendantaliste comme Walt Whitman et un vitaliste comme Friedrich Nietzsche sans y voir la moindre contradiction interne.

 

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30 janvier 2010

Ananda K. Coomaraswamy : biographie, partie 1

Publié par vertusetcombat dans Archives

 Ananda K.Coomaraswamy : de l’idéalisme à la tradition, par Giovanni Monastra

«Nouvelle Ecole», n. 47, 1995 [ed. it. da «Futuro Presente», n. 3, 1993]

Parmi les représentants de ce qu’il est convenu d’appeler la « pensée traditionnelle », Ananda K. Coomaraswamy représente une figure de proue, peut-être la plus intéressante. Il parvint mieux que tout autre à utiliser tous les moyens que lui offrait son époque pour véhiculer un message culturel opposé aux valeurs dominantes de la modernité. Sa vie comme son oeuvre, souvent moins connues que celles des autres représentants du courant traditionaliste (Guénon, Evola, Schuon), montrent combien une pensée métaphysique peut s’exprimer par le biais de la culture académique occidentale sans pour autant se banaliser, c’est-à-dire sans que les valeurs sapientielles qu’elle véhicule ne perdent leur potentialités « révolutionnaires ».

Un étudiant brillant

Coomaraswamy naquit à Colombo, sur l’île de Ceylan, le 22 août 1877. Son père, Sir Mutu Coomaraswamy, notable local, appartenait à l’ethnie tamoule et sa mère, Elizabeth Clay Beeby, était une Anglaise originaire du Kent. Son nom de famille dérive d’une divinité hindoue, Skauda Kumara, à laquelle est dédiée un temple sur l’île de Katargama. Le suffixe swamy signifie « maître », « seigneur » ou « propriétaire ». Il fut rajouté dans un second temps au nom de famille -accolement caractéristique de la classe moyenne cultivée, qui formait à Ceylan la bureaucratie de haut rang. Sir Mutu Coomaraswamy, s’il était très lié aux traditions de son pays, savait aussi frayer avec les colons. Il se rendit d’ailleurs à plusieurs reprises en Grande-Bretagne, où il put fréquenter les cercles les plus fermés de la haute société, et ainsi celle qui devint sa femme.

 

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