Deux lettres de René Guénon à A. K. Coomaraswamy
Parues dans René Guénon, Cahiers de l’Herne, 1985.
. Le Caire, 13 septembre 1936
Cher Monsieur,
Je viens de recevoir votre lettre du 22 août, qui s’est croisée avec la mienne; comme vous le verrez, je m’inquiétais un peu de n’avoir pas de nouvelles de vous, et, en fait, je vois que malheureusement je n’avais pas entièrement tort. Il était pourtant à espérer que le séjour à la campagne vous remettrait de votre fatique; le prolongerez-vous un peu plus que vous n’en aviez l’intention? En tout cas, comme vous m’aviez dit que vous y resteriez jusqu’au 1er octobre, j’y adresse encore cette lettre, car je pense qu’elle vous parviendra avant cette date.
Je vous remercie bien vivement pour votre nouvel article, que je viens de lire et que je trouve fort intéressant comme toujours; il apporte des précisions très importantes sur la question de la distinction de l’art traditionnel et de l’art profane. Ce que vous dites du «vestigium pedis» éclaire aussi beaucoup ce point; et, quant au sens de «mârya», je dois dire que j’y avais assez souvent pensé, mais sans arriver à trouver une explication suffisamment nette. – Je prends note de ce que vous me dites de la possibilité de publier l’article en deux parties; cela dépendra naturellement de la place dont on pourra disposer; c’est ennuyeux d’être toujours si limité pour le nombre de pages, pour des raisons qu’il est trop facile de comprendre!





