Des vertus, un combat

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30 janvier 2010

Deux lettres de René Guénon à A. K. Coomaraswamy

Publié par vertusetcombat dans Archives

Parues dans René Guénon, Cahiers de l’Herne, 1985.

. Le Caire, 13 septembre 1936

Cher Monsieur,

Je viens de recevoir votre lettre du 22 août, qui s’est croisée avec la mienne; comme vous le verrez, je m’inquiétais un peu de n’avoir pas de nouvelles de vous, et, en fait, je vois que malheureusement je n’avais pas entièrement tort. Il était pourtant à espérer que le séjour à la campagne vous remettrait de votre fatique; le prolongerez-vous un peu plus que vous n’en aviez l’intention? En tout cas, comme vous m’aviez dit que vous y resteriez jusqu’au 1er octobre, j’y adresse encore cette lettre, car je pense qu’elle vous parviendra avant cette date.

Je vous remercie bien vivement pour votre nouvel article, que je viens de lire et que je trouve fort intéressant comme toujours; il apporte des précisions très importantes sur la question de la distinction de l’art traditionnel et de l’art profane. Ce que vous dites du «vestigium pedis» éclaire aussi beaucoup ce point; et, quant au sens de «mârya», je dois dire que j’y avais assez souvent pensé, mais sans arriver à trouver une explication suffisamment nette. – Je prends note de ce que vous me dites de la possibilité de publier l’article en deux parties; cela dépendra naturellement de la place dont on pourra disposer; c’est ennuyeux d’être toujours si limité pour le nombre de pages, pour des raisons qu’il est trop facile de comprendre!

 

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30 janvier 2010

Ananda K. Coomaraswamy : biographie, partie 2

Publié par vertusetcombat dans Archives

Un exemple de ce parcours intellectuel ascendant nous est fourni par son approche du rapport Asie-Occident, auquel est lié le concept de « sagesse orientale » (et plus particulièrement « indienne »), visant « le bien-être humain » -cette finalité ne devant évidemment pas être interprétée dans un sens hédoniste. « A l’avenir, écrit Coomaraswamy, la civilisation devra être humaine, et non plus locale ou nationale (…) Le peuple élu de l’avenir ne saurait être une nation ou une race, mais une aristocratie de la Terre qui unisse la virilité de la jeunesse européenne à la sérénité de la vieillesse asiatique ». Ou bien encore : « En ce moment, tandis que le monde occidental réalise qu’il a échoué dans la tâche de recueillir les fruits de la vie au sein d’une société fondée sur la compétition et l’auto-affirmation, la découverte de la pensée asiatique offre un sens nouveau et profond à l’existence, mettant en avant les concepts d’ordre moral et de responsabilité mutuelle (…) L’hindouisme (…) se positionne contre le monde du laisser-faire, demandant à ses disciples d’abandonner tous leurs ressentiments et leurs convoitises (…) offrant en échange le bonheur et la paix, au-delà de notre seule appréhension rationnelle du monde ».

Le cadre de cette rencontre Orient-Occident était alors aussi nettement laïc que philosophique :

l’ « esprit » était entendu dans son acception moderne, sans épaisseur ni transcendance. La connaissance restait un fait humain -portée certes à un très haut niveau-, tandis que la morale devenait une valeur suprême (là encore, à un degré d’exigence fort éloigné du moralisme vulgaire). Durant cette période, Coomaraswamy, qui refusait déjà la dénaturation des identités collectives, combattait pour une philosophie syncrétique et élitiste à nuances cosmopolites, fondée sur la convergence des vérités orientales et des théories philosophiques occidentales, même modernes. Ainsi s’explique, par exemple, l’équivalence alors posée entre l’Eveillé du bouddhisme et le Surhomme de Nietzsche. L’individualisme idéaliste de Coomaraswamy - »religion de l’Europe moderne »- s’alimentait de telles analogies. Sa philosophie pouvait réunir un mystique comme William Blake, un transcendantaliste comme Walt Whitman et un vitaliste comme Friedrich Nietzsche sans y voir la moindre contradiction interne.

 

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30 janvier 2010

Ananda K. Coomaraswamy : biographie, partie 1

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 Ananda K.Coomaraswamy : de l’idéalisme à la tradition, par Giovanni Monastra

«Nouvelle Ecole», n. 47, 1995 [ed. it. da «Futuro Presente», n. 3, 1993]

Parmi les représentants de ce qu’il est convenu d’appeler la « pensée traditionnelle », Ananda K. Coomaraswamy représente une figure de proue, peut-être la plus intéressante. Il parvint mieux que tout autre à utiliser tous les moyens que lui offrait son époque pour véhiculer un message culturel opposé aux valeurs dominantes de la modernité. Sa vie comme son oeuvre, souvent moins connues que celles des autres représentants du courant traditionaliste (Guénon, Evola, Schuon), montrent combien une pensée métaphysique peut s’exprimer par le biais de la culture académique occidentale sans pour autant se banaliser, c’est-à-dire sans que les valeurs sapientielles qu’elle véhicule ne perdent leur potentialités « révolutionnaires ».

Un étudiant brillant

Coomaraswamy naquit à Colombo, sur l’île de Ceylan, le 22 août 1877. Son père, Sir Mutu Coomaraswamy, notable local, appartenait à l’ethnie tamoule et sa mère, Elizabeth Clay Beeby, était une Anglaise originaire du Kent. Son nom de famille dérive d’une divinité hindoue, Skauda Kumara, à laquelle est dédiée un temple sur l’île de Katargama. Le suffixe swamy signifie « maître », « seigneur » ou « propriétaire ». Il fut rajouté dans un second temps au nom de famille -accolement caractéristique de la classe moyenne cultivée, qui formait à Ceylan la bureaucratie de haut rang. Sir Mutu Coomaraswamy, s’il était très lié aux traditions de son pays, savait aussi frayer avec les colons. Il se rendit d’ailleurs à plusieurs reprises en Grande-Bretagne, où il put fréquenter les cercles les plus fermés de la haute société, et ainsi celle qui devint sa femme.

 

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28 janvier 2010

Evola : citation : Samsâra

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Un « sens » du devenir n’existe pas. Le devenir, le samsâra, est une condition d’existence, sans début, ni fin (la limite n’étant que celle de la durée de la manifestation cosmique, en général). C’est un « tourner-en-rond ». On ne rejoint pas la « fin du monde », en suivant le courant. La direction, le long de laquelle peuvent se déterminer l’éveil et la grande libération, est verticale – et elle n’a que faire avec le cours de l’histoire.

La Doctrine de l’Eveil.

Voir aussi : Julius Evola : citations, biographie, bibliographie, compilations, liens …

28 janvier 2010

Pierre Vial : présentation du n°42 de la revue Terre et Peuple

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http://www.dailymotion.com/video/xbtn52

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Traitant du sacré, ce numéro, réalisé avec le sérieux habituel, est nécessaire Politiquement pour toucher pragmatiquement les différences culturelles et spirituelles que les indo-européens ont avec les autres groupements de peuples, surtout avec le monothéisme, dérivé inutile à une spiritualité transcendante. Donc à recommander en ce qui concerne l’aspect mondain et polémique de l’approche spirituelle.

28 janvier 2010

Emile Burnouf : l’Incarnation

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Cette doctrine [l'incarnation] existe aussi chez les Indiens: le point de vue seul est différent. Ici en effet l’incarnation n’est pas le résultat d’un fait initial, dont les conséquences se développant toujours ne pourraient être arrêtées que par un miracle. Il n’y a dans les théories indiennes ni chute de l’homme, ni dette contractée, ni rachat; et comme il n’y a pas de création, il n’y a pas non plus de miracle au sens chrétien de ce mot. L’observation de la réalité est toujours ici le point de départ et le fondement de la théorie; si les brahmanes admettent une incarnation, c’est que les faits la leur ont montrée. Il y a des signes auxquels ils la reconnaissent: une grande science, une vertu extraordinaire, une action à la fois très énergique et très bienfaisante exercée sur l’humanité, sont pour eux les plus évidentes preuves de la présence d’un dieu. Mais entre ce personnage éminent et les autres hommes il n’y a qu’une différence du plus au moins. Car le même principe masculin suprême réside dans tous les vivants et est en eux tous l’âme qui sait, qui veut, qui agit, qui perçoit; seulement ses manifestations humaines, ses épiphanies, sont plus ou moins complètes; et lorsqu’il se rencontre avec toute sa vertu active dans un homme, il y a dès lors une raison sérieuse de reconnaître en lui l’Etre supérieur incarné. La grande âme du monde prend du reste la forme qui lui plaît pour l’accomplissement de ses desseins ; il n’est nullement nécessaire qu’elle se revête d’une figure humaine, puisque la vie avec la pensée se rencontre dans tous les êtres aussi bien que dans l’homme, et peut s’exalter aussi en l’un d’eux au point d’en faire une véritable incarnation. La théorie des incarnations est une partie essentielle de la théologie indienne.
Elle ne suppose ni la double nature, puisque la substance est une et universelle; ni le miracle, puisque Dieu est toujours et partout dans les vivants; ni un motif primordial et suprême, puisque c’est la loi du développement des êtres qui produit de temps en temps au milieu d’eux des incarnations. L’Etre divin qui s’incarne ne rachète pas une ancienne dette; il vient pour sauver les hommes du péché et du malheur, détruire le mal et faire prospérer la justice. Cette grande oeuvre ne s’accomplir pas une seule fois, mais plusieurs, chaque fois même qu’elle est devenue nécessaire.

« J’ai eu bien des naissances… Quoique sans commencement et sans fin et chef des êtres vivants, quand la justice languit, quand l’injustice se relève, alors je me fais moi-même créature, et je nais d’âge en âge pour la défense des bons, pour la ruine des méchants, pour le rétablissement de la justice. » (Bhagavad-gîtâ, IV.)
Les brahmanes reconnaissent généralement Krisna pour la dernière venue des incarnations; mais aucun d’eux ne prétend qu’elle doive être absolument la dernière. Les bouddhistes voient aussi dans Çâkyamuni l’Etre supérieur tout entier, mais le point de vue n’est pas absolument le même que celui des brahmanes, et il se rapproche davantage.

Essai sur le Vêda

Voir aussi : Emile Burnouf : compilation : essai sur le Vêda »

28 janvier 2010

Jean Haudry : audio/vidéo : l’importance des études indo-européennes

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http://www.dailymotion.com/video/xaqqms

Ou cliquer ici pour ouvrir la vidéo dans une nouvelle fenêtre.

Voir aussi : Jean Haudry : audio/vidéo : la notion de « tradition indo-européenne »

28 janvier 2010

Ananda K. Coomaraswamy : compilation : Hindouisme et Bouddhisme

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Ananda K. Coomaraswamy : compilation : Hindouisme et Bouddhisme dans Archives hindouismeetbouddhisme

I Hindouisme


Théologie et autologie

- De tous les noms et de toutes les formes de Dieu, la syllabe mono-grammatique Om, qui totalise les sons et la musique des sphères chantée par le Soleil résonnant, est le meilleur. La validité de ce symbole sonore est exactement la même que celle du symbole plastique de l’icône. Ils sont l’un et l’autre des supports de contemplation (dhiyâlamba). La nécessité de tels supports découle du fait que ce qui est imperceptible à l’œil ou à l’oreille ne peut être saisi objectivement tel qu’il est en lui-même, mais seulement dans une similitude. Le symbole doit, bien entendu être adéquat, et ne saurait être choisi au hasard. On infère (avêshyati, âvâhayati) l’invisible dans le visible, le non-entendu dans l’entendu. Mais ces formes ne sont que des moyens d’approche de l’informel et doivent être écartées avant qu’il nous soit donné de nous changer en lui.

- Considérées à part, les « moitiés » de l’Unité originellement indivisée peuvent être distinguées de diverses façons : selon le point de vue politique, par exemple, sous la forme du Sacerdoce et de la Royauté (brahmakshatrau), et selon le point de vue psychologique sous la forme du Soi et du Non-Soi, de l’Homme Intérieur et de l’Individualité extérieure, du Mâle et de la Femelle. Ces couples sont disparates. Et, même lorsque le terme subordonné s’est séparé du terme supérieur en vue de leur coopération productrice, il demeure dans ce dernier d’une façon suréminente. Ainsi le Sacerdoce est « à la fois le Sacerdoce et le Règne » – c’est là la condition de la mixta persona du prête-roi Mitrâvarunau, ou Indrâgni – mais le Règne, en tant que fonction distincte, n’est rien d’autre que lui-même, étant relativement féminin et subordonné au Sacerdoce, son Gouverneur (nêtri). Mitra et Varuna correspondent au para et à l’apara Brahma, et, de même que Varuna est féminin par rapport à Mitra, de même Brahma, en tant que brahma-yoni, bhûta-yoni, est féminin par rapport à l’Ancêtre. La distinction des fonctions en termes de sexe définit la hiérarchie. Dieu lui-même est mâle par rapport à tout. Mais, de même que Mitra est mâle par rapport à Varuna et Varuna, mâle à son tour par rapport à la Terre, de même le Prêtre est mâle par rapport au Roi et le Roi mâle par rapport à son royaume. De la même manière, l’homme est sujet du gouvernement conjoint de l’Eglise et de l’Etat, mais il détient l’autorité au regard de sa femme, laquelle à son tour administre son « état ». A travers toute cette suite, c’est le principe noétique qui sanctionne ou prescrit ce que l’harmonie accomplit ou évite. Le désordre n’apparaît que lorsque le second terme se laisse arracher à son allégeance normale par la tyrannie de ses propres passions, et identifie cet asservissement à la « liberté ».

 

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24 janvier 2010

Concept : Bourgeoisisme

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Le bourgeoisisme est la mentalité, une attitude de l’esprit et, plus généralement, une attitude devant l’existence, caractéristiques de la bourgeoisie, étendue à l’ensemble de la société moderne indépendamment des classes sociales. C’est donc plus un concept philosophique qu’un concept d’ordre sociologique ou économique.Le bourgeoisisme désigne en fait les traits négatifs de l’esprit bourgeois dès lors qu’ils deviennent universels mais ne renvoie pas aux traits positifs de la “bourgeoisie entreprenante”, aujourd’hui en plein déclin. Le bourgeoisisme qui s’oppose à l’esprit populaire comme à l’esprit aristocratique, domine la société marchande et la civilisation occidentale : morale de l’intérêt, recherche individualiste du bien-être immédiat, réduction du lignage à l’héritage matériel, esprit de calcul, conception négociante de l’existence, ignorance du don, préservation parcimonieuse de la vie, refus du risque et de l’aléa, esprit d’entreprise limité à l’accroissement de richesse, désir de sécurité, tendances cosmopolites, indifférence aux attaches, aux enracinements et aux solidarités avec son propre peuple, détachement envers tout sentiment religieux de nature collective ou gratuite, ignorance complète du sacré. Le bourgeoisisme caractérise aujourd’hui, au-delà des étiquettes de “droite” ou de “gauche”, la plus grande partie de la société européenne.

24 janvier 2010

Concept : Christianisme

Publié par vertusetcombat dans Archives

Produit de la conception-du-monde judéo-chrétienne, le christianisme sous ses différentes formes est une religion qui s’est laïcisée en idéologies puis en comportement sociaux tout au long des Temps Modernes, avant de retourner aujourd’hui à sa matrice judéo-chrétienne et d’agir sous forme séculière.Le christianisme religieux n’est plus dominant aujourd’hui. D’ailleurs, en raison de son dualisme originel (créateur séparé des créatures et infériorisation du réel et de la nature), le christianisme était une expression imparfaite du sacré et portait en germe nihilisme et athéisme. Le christianisme qui s’est historiquement exprimé en Europe dans la foi populaire, dans la théologie ou dans les arts, n’était pas “chrétien”, mais résultait d’un syncrétisme avec le paganisme. C’est ce dernier qui est responsable, paradoxalement, de ce qu’il y a de plus “religieux” dans l’expression mystique ou culturelle de la foi. Le catholicisme, notamment, dans ses rites, dans son panthéon, dans ses arts, dans son idéologie sociale – par exemple dans l’Europe médiévale – exprime davantage un psychisme païen que chrétien. L’Europe n’a été, de ce fait, réellement christianisée que tardivement : surtout au moment de la Réforme et de la Contre-Réforme (XVI° et XVII° siècles), et lors de la laïcisation du christianisme en morale évangélique séculière, dans les idéologies égalitaires. Aujourd’hui déclinant en tant que rituel orthopraxique et système de croyances, le christianisme se distingue peu du judéo-christianisme. Chrétiens, libéraux, marxistes, et autres héritiers de la conscience christianomorphe se regroupent autour de l’évangile laïc de la philosophie des droits de l’homme, expression synthétique de l’idéologie occidentale et légitimation de l’individualisme marchand pour désigner l’ennemi commun : les opposants à la “société ouverte”.

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