Des vertus, un combat

31 août 2007

Du prix…

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« Tout ce qui a un prix, n’a que peu de prix »

Nietzsche.

30 août 2007

Révolution conservatrice, le livre d’Armin Mohler (article) III

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On pourrait dire des tendances qui se sont dessinées au sein de la KR qu’elles étaient précisément caractérisées par une accentuation variable des différents Leitbilder propres à l’ensemble du mouvement : certains, mal perçus chez les uns, jouaient un rôle prédominant chez les autres. De ces tendances, A. Mohler propose une classification en cinq groupes : les Völkischen, les Jungkonservativen (jeunes- ou néo-conservateurs), les National-revolutionäre (nationaux-révolutionnaires), les Bündischen (« liguistes »), et la Landvolkbewegung (mouvement de la paysannerie). Ces groupes, à vrai dire, recouvrent des réalités différentes. Les trois premiers, précise le Dr. Mohler, sont des « mouvements idéologiques » qui cherchent à se réaliser. Les deux autres correspondent à des « explosions historiques concrètes, dont on a essayé ensuite de tirer une idéologie ». Ce sont néanmoins les premiers qui ont exercé la plus grande influence dans le domaine politique.

Tous trois mettent en avant le Leitbild du Volk, mais en lui donnant un éclairage différent. Pour les Völkischen [4], il s’agit avant tout de s’opposer au « processus de désagrégation » qui menace le peuple, et de l’inciter à une plus forte conscience de soi. Les Völkischen mettent l’accent sur la « race », qui est censée fonder la spécificité du Volk. Mais leur conception, voire leur définition de la race est éminemment variable. Les uns la conçoivent d’un point de vue purement biologique, les autres y voient une sorte d’unité exemplaire du « corporel » et du « spirituel ». Si pour Spengler la race est « ce-qui-est-en-forme » (dans sa propre forme), Jünger parle de « sang » (Blut), mais d’un « sang » qui s’apparente à « l’étincelle » des mystiques allemands du Moyen Âge, et plus encore au Graal wagnérien. Il y a en effet une profonde religiosité völkisch, qui cherche généralement à se manifester dans un renouveau religieux antichrétien, soit que l’on proclame un « christianisme germanique » ou une « foi allemande » (Deutschglaube) soit que l’on essaie de ressusciter le culte des divinités anciennes en les replaçant dans une perspective moderne, ainsi que le fait le mouvement de Ludendorff et de sa femme Mathilde. On constate aussi dans le mouvement völkisch une tendance à l’ésotérisme, dont les manifestations abstruses contribuent parfois à discréditer le mouvement. C’est de cet ésotérisme qu’est imprégnée, entre autres, la célèbre Société Thulé, à laquelle appartient le poète et dramaturge Dietrich Eckart.

Les Jungkonservativen [5] se préoccupent au contraire avant tout de réaliser la « mission du Volk », qui est à leurs yeux l’édification d’un nouvel Empire (Reich). Leurs chefs spirituels, Edgar J. Jung (future victime de la « nuit des longs couteaux »), Arthur Moeller van den Bruck, Heinrich von Gleichen, etc. voient en fait dans le Reich « l’organisation de tous les peuples dans un ensemble supra-étatique, dominée par un principe supérieur, sous la responsabilité suprême d’un seul peuple ». Il ne s’agit pourtant pas de nationalisme. Les Jungkonservativen condamnent le nationalisme, considérant qu’il « transfère au niveau de l’État national les doctrines égoïstes de l’individu ». Dans leur vision, le peuple allemand n’est pas un peuple comme les autres. C’est, comme l’a proclamé Fichte, le seul peuple qui soit resté « conscient de ses origines » ; et, par conséquent, le seul « peuple vrai » au sein des peuples-masses. Il s’ensuit, disait Novalis, qu’ « il y a des Allemands partout ».

L’un des auteurs bündisch les plus typiques, le poète Walter Flex, auteur du célèbre Chant des oies sauvages (Wildgänse rauschen durch die Nacht), écrivait en 1917, quelques jours avant de tomber sur le front : « Si j’ai parlé d’éternité du peuple allemand et de mission rédemptrice de la germanité, cela n’avait rien à voir avec un quelconque égoïsme national. Il s’agit bien plutôt d’une conviction éthique, pouvant même se réaliser dans la défaite ou, comme l’a écrit Ernst Wurche, dans la mort héroïque d’un peuple entier. Néanmoins, j’ai toujours assigné une claire limite à cette conception. Je crois que l’évolution humaine atteint sa forme intime la plus parfaite dans le peuple, et que l’humanisme universaliste implique une dissolution, en ce sens qu’il libère et met à nu l’égoïsme individuel canalisé jusque là par l’amour du peuple… »

Edgar J. Jung déclare de son côté : « Les peuples sont égaux, mais seulement dans un sens métaphysique, de la même façon que les hommes sont égaux devant Dieu. Celui qui voudrait transférer sur la terre cette égalité métaphysique, pêcherait contre la nature et contre le réel. La puissance démographique, la race, les aptitudes spirituelles, l’évolution historique, la situation géographique, tout cela conditionne une hiérarchie terrestre entre les peuples, qui ne s’établit ni par hasard ni par caprice ». En fait, les Jungkonservativen, qui ne se soucient pas trop de philosophie, croient très souvent pouvoir concilier la métaphysique chrétienne avec une conception de l’histoire qui est essentiellement antichrétienne. A. Mohler ne manque pas de remarquer que ce trait permit aux « néo-conservateurs » d’être, parmi tous les courants de la KR, les seuls en qui le « système » weimarien reconnut des interlocuteurs valables (tout en remarquant qu’il y avait là une évidente contradiction logique).

Les nationaux-révolutionnaires [6], eux, ont presque tous été formés par l’expérience des orages d’acier et le « camaradisme » des tranchées. Pour eux, la « nation » n’est autre que le Volk rassemblé et « mis en mouvement » par la guerre. Les nationaux-révolutionnaires acceptent le progrès technique, non parce qu’ils cèdent à « la dangereuse tentation de l’admirer », mais parce qu’ils veulent « le dominer, et rien de plus ». Il s’agit pour eux, dit l’un de leurs chefs de file, Franz Schauwecker, d’en « finir avec le temps linéaire ». Vivant dans l’interregnum, ils considèrent que le temps du nihilisme positif est venu. Leur élan révolutionnaire et leur formation prussienne se conjuguent pour soutenir leur volonté de détruire « l’ordre bourgeois » ; leur « nationalisme de soldats » ne fait plus qu’un avec le « socialisme des camarades ». Un sentiment tragique aigu de l’histoire et de la vie constitue la toile de fond, sombre et lumineuse à la fois, de leur aventure révolutionnaire. La geste des Freikorps (corps-francs), le putsch du Bund Wiking mené par le capitaine Ehrhardt, le terrorisme exalté des « réprouvés » mis en scène par von Salomon, les attitudes littéraires du « socio-aristocrate » Jünger, le « socialisme prussien » d’Oswald Spengler, le Front noir d’Otto Strasser, le rêve (vieux prussien) d’une alliance idéologique entre la KR et le bolchevisme débouchant sur un « Reich (germano-soviétique) de Vlissingen à Vladivostock », toute cette agitation puissante, mais chaotique, se confond avec la tragédie d’une Allemagne blessée et humiliée par la défaite, et donne sa couleur la plus vive aux débuts de la République de Weimar.

C’est par contre bien avant la Première Guerre mondiale que le mouvement du Bund [7] a pris son essor, issu, à l’aube du siècle, d’un vaste mouvement de jeunesse (Jugendbewegung), rattaché lui-même au Wandervogel (oiseau migrateur), soudaine explosion, sans couleur politique définie, d’un état d’âme ayant déferlé sur l’Allemagne tout entière. Avec le Bund, la jeunesse de l’interregnum découvre obscurément qu’elle a charge d’avenir, et que lui échoit la tâche immense de produire le « retournement du temps historique ». La Bündische Jugend témoigne avant tout d’une attitude devant la vie, commandée par une sorte d’inconscient collectif. « Mouvement et mobilité sans autre but, écrit Mohler, sans autre programme, sans autre idéal, que le dynamitage de l’état-de-conscience de la jeunesse bourgeoise par l’avènement d’une adolescence nouvelle, d’une secrète énergie instinctive ». Tout à la fois « mouvement de jeunesse » et « société d’hommes », le Bund entend former une élite, certes destinée, à l’âge adulte, à se disperser dans les directions les plus lointaines, mais qui doit faire connaître partout l’état d’âme et les aspirations de la KR. Dans tous les secteurs politiques, à droite, à gauche comme au centre, on voit ainsi fleurir des organisations de jeunesse (et aussi des formations paramilitaires) qui, toutes, drainent avec elles, inconsciemment souvent et en dépit de la couleur politique annoncée, les inquiétudes et les préoccupations de la KR, ce qui explique les surprenants lendemains de la Gleichschaltung (adéquation) politique qui surviendra sous le IIIe Reich.

A. Mohler voit une cinquième tendance de la KR dans la Landvolkbewegung (mouvement de la paysannerie) [8] alors qu’elle ne fut en réalité qu’une moderne « jacquerie », un épisode de la vie corporative au sein d’un système social instable et déchiré. Il est exact, néanmoins, que la revendication corporative du Landvolk, contrainte par les circonstances à se donner une couleur politique, tomba presque irrésistiblement dans l’orbite de la KR, dont les tenants lui avaient prodigué le soutien le plus sincère et les plus vigoureux. Elle fut ensuite insensiblement absorbée par le national-socialisme, du fait de la poussée de l’évolution historique, et de l’action personnelle de Walther Darré, théoricien du Bauernadel (aristocratie paysanne).

Les phrases sur lesquelles s’achève le livre ont une certaine résonance prophétique. « Avec les cinq tendances de la KR, écrit Mohler, les idées de 1789 se sont trouvées confrontées à la négation absolue de leurs valeurs. La lutte qui s’en dégage ne touche pas encore à sa fin ». A. Mohler pense en particulier que l’actuelle « contestation », en dépit de l’idéologie qu’elle affiche, charrie certains des ferments de la KR. Si elle n’en prend pas conscience, ce qui rend son agitation vaine et parfois ridicule, « c’est que les idées et les mythèmes de la KR sont presque toujours examinés d’une façon préconçue du fait de leur voisinage gênant avec le national-socialisme ». « Cela crée, conclut-il, une situation qui n’est pas nouvelle : la véritable confrontation aux problèmes reste le fait de cercles à caractère ésotérique (..) tandis que des sectes vulgaires s’en emparent, dont les interprétations grossières et falsificatrices risquent, à un moment donné, d’atteindre des masses fanatiques »

[Source : Metapedia]

30 août 2007

Relation des sous-classes raciales en Europe

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Relation des sous-classes raciales en Europe dans Archives europeanracesid7
Nordid : Race nordique
Mediterranid : Race mediterranéenne
Dinarid : Race dinarique
Alpinoid : Race alpine
Cromagnid : Race fälique/dalique
Armenoid : Race « arménienne »
Osteuropid : Race est-baltique (H.Günter)
Lappoid : Race « laponne »

29 août 2007

Révolution conservatrice, le livre d’Armin Mohler (article) II

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D’un point de vue formel, en effet, écrit le Dr. Mohler, « les tenants de la Konservative Revolution peuvent être définis à cette époque-là comme les trotskystes du national-socialisme. Ainsi qu’il en est pour tout grand mouvement révolutionnaire, communisme compris, on trouve ici, d’un côté, un grand parti de masse à pesanteur uniforme et, de l’autre, une myriade de petits cercles caractérisés par une vie spirituelle intense, qui n’exercent qu’une faible influence sur les masses, et qui, du point de vue de la formation de partis, réussissent tout au plus à provoquer des scissions marginales à l’intérieur du grand parti, se livrant surtout à l’organisation de sectes explosives et de petits groupes élitistes assez peu cohérents. Quand le grand parti fait faillite, alors sonne l’heure des hérésies trotskystes ». À ce propos, on pourrait remarquer qu’en réalité, la KR est passée alors par un processus inverse, et que c’est la faillite répétée des petites sectes « trotskystes » qui a ouvert la voie à la prise de pouvoir par le national-socialisme. Dans l’optique adoptée par A. Mohler, cela n’a cependant qu’une importance secondaire, étant donné qu’il ne s’agit pas de représenter une mécanique révolutionnaire, mais d’esquisser, ainsi qu’il est expressément précisé, une typologie de la KR.

Après avoir remarqué que l’origine de la Konservative Revolution se situe vers la moitié du XIXe siècle, A. Mohler essaie donc de retrouver et de caractériser ce qu’il appelle les Leitbilder, c’est-à-dire les « idées (ou, mieux, les images) conductrices » communes à l’ensemble des auteurs de la KR.

Il est ainsi amené à placer l’origine de « l’image du monde » (Weltbild) propre à la KR dans l’œuvre de Frédéric Nietzsche ; le Nietzsche du Zarathoustra surtout, mais aussi celui de La volonté de puissance et de La généalogie de la morale. Tous les Leitbilder qu’il parvient à mettre en évidence jaillissent en effet de la vision de Nietzsche. L’une de ces « idées directrices » est sans aucun doute fondamentale. Il s’agit de la conception « sphérique » de l’histoire, par opposition à la conception linéaire commune, entre autres, au marxisme et au christianisme. Pour les tenants de la KR, l’histoire n’est pas un progrès infini et indéfini. Elle est un éternel retour. À très juste titre, Mohler souligne que ce n’est pas le cercle qui peut le mieux représenter ce processus de retour éternel, mais la sphère (Kugel), qui « signifie aux yeux du conservateur-révolutionnaire que dans tout moment tout est contenu, que présent, passé et avenir coïncident ». Nietzsche est cité : « Tout va, tout revient ; éternellement roule la Roue de l’Être. Tout meurt, tout à nouveau fleurit ; éternellement s’écoule l’Année de l’Être. Tout s’écroule, tout est à nouveau composé ; éternellement se construit la même Maison de l’Être. Tout se sépare, tout se salue à nouveau ; éternellement reste fidèle à lui-même l’Anneau de l’Être. À tout moment l’Être commence ; autour de tout Ici la Sphère s’enroule Là. Le centre est partout. Courbe est le sentier de l’Éternité ».

Un second Leitbild, découlant immédiatement du premier, est celui de l’Interregnum : « Nous vivons dans un interrègne ; le vieil ordre s’est écroulé, et le nouvel ordre n’est pas encore devenu visible ». Nous sommes à la veille d’un « tournant de l’Histoire » (Zeitwende). Aux yeux des hommes de la KR, Nietzsche est le prophète de ce « tournant ». Mieux, il marque ce tournant du Temps « où quelque chose est mort [3] et où rien d’autre n’est encore né ». L’un des représentant les plus caractéristiques de la KR, l’écrivain Ernst Jünger affirme, lui aussi : « Nous sommes à un tournant entre deux époques, un tournant dont la signification est comparable à celle du passage de l’âge de pierre à l’âge des métaux » (cité par Wulf Dieter Müller).

Suivant l’itinéraire que Nietzsche a tracé, la KR adopte dans son combat quotidien le Leitbild du nihilisme : un nihilisme positif, dont le but n’est pas le néant pour le néant (la fin de l’histoire devrait-on dire), mais la réduction en poussière des ruines de l’ordre ancien, considérée comme la condition sine qua non de l’avènement du nouvel ordre, c’est-à-dire de la régénération (Wiedergeburt). Ce nihilisme positif, ce « nihilisme allemand » ou « prussien » souhaité par la KR, n’est pas un but en soi, mais un moyen : le moyen de parvenir au « point magique au-delà duquel ne parviendra que celui qui dispose en lui-même de nouvelles et invisibles sources de force » (E. Jünger). Ce « point magique » forme à lui seul un autre Leitbild, celui du « retournement » (Umschlag), c’est-à-dire de l’instant et de l’endroit où la destruction se mue en création, où la fin se révèle être un nouveau commencement. C’est le moment où « chacun récupère son origine propre », le « Grand Midi » de Zarathoustra, grâce auquel le temps de l’histoire est soudain régénéré.

Tous ces Leitbilder éclairent la préférence de la KR pour des formules associant des termes antagonistes : révolution conservatrice, nihilisme prussien, socio-aristocratie, national-bolchevisme, etc. C’est que la véritable révolution est, à la lettre, « ré-volution, retour en arrière, reproduction d’un moment qui a déjà été ». « Au commencement était le verbe, écrit Hans V. Fleig. Or, le présent nous conduit à prêter une plus grande attention à la signification d’origine du mot « révolution ». L’Europe, qui, depuis 150 ans, vit une époque de révolutions, a durant cette période gaspillé et dépassé l’héritage de plusieurs siècles. Cet héritage n’est autre que la communauté occidentale, telle qu’elle s’était retrouvée dans l’esprit du christianisme. Aujourd’hui, la croix est corrodée par les intempéries et, où que l’on porte le regard, la désintégration de la communauté occidentale s’opère avec une imposante rapidité. De vieux dieux, que l’on avait cru depuis longtemps tués par les prédications, partent à la recherche de leurs temples ensevelis. La « superstructure » occidentale, cette communauté de peuples germaniques, latins et slaves qui, en dernier ressort, plonge ses racines dans l’œcumène de la chrétienté, est en train de fondre comme neige au soleil. Dans le feu incandescent d’une étoile saturnienne, qui annonce l’aurore d’une nouvelle Antiquité, la pensée occidentale tombe en poussière… » Friedrich Hielscher, disciple de Jünger, proclame de son côté : « L’homo revolvens joue son rôle dans le grand théâtre du monde ; il ne connaîtra pas de paix tant que le contenu des musées n’aura pas été changé. Alors les autels en pierres du sacrifice se lèveront à nouveau dans les clairières, et les croix se retrouveront dans les vitrines des musées… »

L’idéologie commande ici, de façon immédiate, le passage à l’action politique. Mais celle-ci reste soutenue constamment par une vision métapolitique. Même un Ernst Jünger, auteur inclinant au botanisme littéraire, ne peut se soustraire à l’impératif politique : son célèbre Arbeiter (Le Travailleur) se veut le manifeste d’une « politique nouvelle ». A. Mohler, surtout sensible aux aspects littéraires et poétiques de la Weltanschauung de la KR, néglige un peu, quant à lui, les Leitbilder plus directement liés aux ressorts de l’action politique. Percevant avec finesse et clarté les dimensions historico-temporelles de l’univers qu’il étudie, il se préoccupe moins d’en retrouver les dimensions socio-spatiales.

Si le marxisme est une théorie que la pratique doit nécessairement prolonger, le Weltbild de la KR est, pourrait-on dire, une métapolitique qui confie à la politique la réalisation de ses buts ultimes relatifs à l’homme. C’est ainsi que le Leitbild « temporel » de la régénération a, nous semble-t-il, aux yeux des tenants de la KR, son pendant dans le Leitbild « spatial » du « peuple (Volk) allemand » : celui-ci est tenu pour le seul « peuple véritable », parce qu’il est le seul ayant conservé la « conscience de ses origines » et qu’il est, en tant que tel, investi d’une mission « rédemptrice » dont l’humanité entière doit bénéficier. Ce Leitbild de la « mission allemande », sur lequel A. Mohler insiste assez peu, constitue l’une des grandes sources historiques de la KR, depuis le célèbre Discours de Fichte jusqu’à Wagner. De même, au Leitbild « temporel » du retour éternel et de la conception sphérique de l’histoire, répond le Leitbild « spatial » du surhumanisme aristocratique et d’une conception hiérarchique de la société, notions qui, d’ailleurs, sont elles aussi au premier plan dans la pensée de Nietzsche, et inversement, à la conception linéaire de l’histoire, répond une conception égalitaire de la société).

En fin de compte, les « conservateurs » de la KR veulent tout détruire de ce qui les entoure, parce que déjà tout est cadavre. Ce qu’ils veulent conserver, nous le voyons aujourd’hui clairement, n’est rien d’autre que l’historicité de l’homme, c’est-à-dire la possibilité de nouveaux éternels retours, par opposition à la « fin de l’histoire » projetée, ouvertement ou non, par leurs adversaires. Ils œuvrent au retour du passé. Mais ce passé-là n’est pas le passé de la mémoire ; c’est le passé d’une imagination qui plonge ses racines dans une Sehnsucht, dans un élan nostalgique et passionné vers l’avenir régénéré qui fait suite à l’écroulement d’une civilisation.

A suivre …
[Source : Metapedia]

28 août 2007

Zarathoustra

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« Maître que dois je faire pour être heureux? – Je ne sais pas, sois heureux et fais ce que tu veux. »

« Ainsi parlait Zarathoustra » .Nietzsche .

28 août 2007

Révolution conservatrice, le livre d’Armin Mohler (article) I

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La Révolution conservatrice en Allemagne, 1918-1932 est le titre d’un ouvrage d’Armin Mohler consacré à ce courant politico-culturel. Giorgio Locchi en donna en fit la recension suivante dans le n°23 de la revue Nouvelle école (1973, p. 94-110).

La vie culturelle et politique allemande a été caractérisée, entre 1918 et 1933, par l’existence d’un puissant mouvement spirituel qui se déclarait décidé « à faire table rase des ruines du XIXe siècle et à établir un nouvel ordre de vie ». Ce mouvement s’est manifesté, avec plus ou moins de vigueur, un peu partout en Europe, mais c’est en Allemagne qu’il a marqué le plus profondément, et dans tous les domaines, la vie de la société. On lui a donné le nom de Konservative Revolution : de Révolution conservatrice. En fait, il s’agit d’un phénomène métapolitique maintes fois décrit (trop souvent d’ailleurs par des adversaires et sur la base d’idées préconçues), mais que l’on connaît en définitive assez mal, en dépit de sa fondamentale importance historique. En 1950, le Dr. Armin Mohler s’était proposé de combler cette lacune, en publiant une thèse soutenue l’année précédente à l’Université de Bâle auprès des professeurs Karl Jaspers et Herman Schmalenbach[1]. Cette thèse, devenue célèbre depuis, a été rééditée sous la forme d’un véritable manuel, augmentée d’une imposante bibliographie de près de 400 pages, laquelle témoigne à elle seule de l’importance et de la richesse des auteurs de la KR.

La tâche qu’A. Mohler a voulu entreprendre était des plus ardues. De 1918 à 1933, la KR n’a jamais présenté un aspect unitaire, un seul visage. Tendue à la recherche de sa propre voie, elle a foisonné en mille directions apparemment divergentes, investissant aussi bien l’art que la philosophie, la littérature que la politique. La KR forme donc un univers à elle seule, dont la profondeur et l’ampleur peuvent étonner ceux qui la découvrent pour la première fois. Des hommes aussi divers que le « premier » Thomas Mann (obligé à l’exil dès 1933), Ernst Jünger et son frère Friedrich Georg, Oswald Spengler (Le déclin de l’Occident), Ernst von Salomon (Les Réprouvés), Alfred Baeumler (devenu par la suite une sorte de philosophe universitaire officiel du national-socialisme), Stefan George et Hugo von Hofmannsthal, le juriste Carl Schmitt, le biologiste Jacob von Uexküll, l’anthropologue Hans F.K. Günther, l’économiste Werner Sombart, l’archéologue Gustav Kossinna, Erwin Guido Kolbenheyer et Hans Grimm, Hans Blüher et Gottfried Benn, Ernst Wiechert et Rainer Maria Rilke, Max Scheler et Ludwig Klages, pour ne citer que quelques uns des plus célèbres, tous sont des hommes de la Konservative Revolution. Ce sont eux dont l’œuvre a suscité et animé d’impulsions toujours renouvelées une foule de sociétés de pensée, de « cercles d’amis », d’organisations secrètes et semi-secrètes à caractère ésotérique, de cénacles littéraires, de partis et de « groupuscules » politiques, d’associations liées aux Freikorps, à l’underground (déjà !), dans les directions les plus diverses et autour de propos et d’intentions les plus diversement articulés.

La parenté de tous ces courants n’en est pas moins évidente mais leur commune mentalité ne se laisse appréhender qu’avec difficulté dès lors que l’on adopte un point de vue extérieur au mouvement. D’autre part, le sentiment que les uns et les autres avaient de leur parenté idéologique ne les empêchait pas de nourrir entre eux des inimitiés et des haines farouches (de celles qu’on voue aux « traîtres » plus encore qu’aux ennemis). C’est ainsi que Walter Rathenau, dont les œuvres se situent en marge de la KR, fut assassiné par des terroristes qui étaient aussi des « conservateurs-révolutionnaires » : l’affaire est bien connue par le récit qu’en a fait von Salomon dans Die Geächteten (Les Réprouvés).

Enfin, comme l’affirme l’auteur dès la préface, le « voisinage spirituel » avec le national-socialisme compromet abusivement la KR et risque de fausser l’analyse en jetant une ombre sur ce qu’elle fut en réalité. Tout en reconnaissant qu’il s’agit là d’une tâche presque impossible, le Dr Mohler a tenté de tourner les difficultés liées à cet incommode voisinage en mettant entre parenthèses le phénomène national-socialiste, dont la destinée historique fait un cas à part et que le « manque de distance » interdit encore aujourd’hui d’analyser. Il remarque cependant que les nationaux-socialistes, une fois parvenus au pouvoir, s’en prirent en priorité à certains représentants de la KR qui leur refusaient leur adhésion. La « nuit des longs couteaux », pour ne citer qu’elle, ne fut pas seulement un règlement de compte entre les ailes du mouvement national-socialiste, mais aussi entre les nazis et certains des « trotskystes » de la KR. [2]

A suivre …

[Source : Metapedia]

28 août 2007

XII ème Table ronde de Terre et Peuple

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XII ème Table ronde de Terre et Peuple dans Archives tr07wq12

27 août 2007

« Les Oiseaux Migrateurs » : Wandervögel en France aujourd’hui, Arnvald du Bessin

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Il a fallu attendre exactement quatre-vingt dix ans après la création officielle du mouvement Wandervogel à Steglitz pour voir l’émergence d’une organisation de jeunesse se réclamant de ce mouvement en France, prenant pour nom sa traduction française : « Les Oiseaux Migrateurs ».

« Les Oiseaux Migrateurs » :  Wandervögel en France aujourd’hui, Arnvald du Bessin dans Archives wandervogel6bz

Ce mouvement est parti de Normandie, au cœur du Cotentin, de l’initiative d’une poignée de jeunes Normands, à la fois profondément attachés à la culture de leur région, et fascinés par le modèle du mouvement allemand, si méconnu en France, et qu’ils avaient découvert au travers de leurs lectures. Ils avaient le sentiment que là était le modèle qui apportait enfin la réponse à leurs aspirations, que le scoutisme français ne pouvait que laisser insatisfaites. En effet, ils y avaient trouvé le développement d’une « éducation totale », d’une éthique de vie telles qu’ils les concevaient. Elles mêlent tout à la fois esprit völkisch (notion complexe signifiant en même temps « régionaliste », « traditionnel », « populaire » et « rural »), esprit de camaraderie, de liberté (1) et de « révolte contre l’esprit bourgeois » (2). Ils y retrouvent aussi une certaine conception écologique du monde, l’aspiration à une vie simple, saine et proche de la nature, le rejet du monde des villes et de ses valeurs artificielles qui aliènent la jeunesse, et qui ont fait oublier aux hommes l’essence des choses et de la nature. Enfin, et surtout, ils font leur l’exaltation des grandes randonnées de la jeunesse wandervogel dans une nature retrouvée, à la découverte de leurs régions, mais aussi de l’Europe, sillonnant bocages, landes, forêts et montagnes. Là est d’ailleurs la première devise que prit leur groupe : « Normands et Européens », à savoir enracinés et affirmés dans leur culture propre (esprit völkisch), et partageant les valeurs universelles, européennes des Wandervogels, ainsi qu’un héritage et un patrimoine culturel communs aux peuples européens.

 

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27 août 2007

Hérédité et culture

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 » L’hérédité ne détermine pas la culture, contrairement à ce qu’ont prétendu les racistes. L’hérédité détermine la capacité à adopter une culture.  » [NDLR : Ou son incapacité à adopter une culture, ce qui revient à ce que l’hérédité puisse ne servir qu’à une culture, surtout si celle ci est de longue mémoire et spécifiée selon l’hérédité de ses « membres »]

François Jacob, professeur au Collège de France.

27 août 2007

Néo-amazones ukrainiennes

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Article paru dans le Figaro, à prendre donc avec des pincettes, mais ayant le mérite d’exister, bien que le sujet (et de là son traitement) relève pour les journalistes et les lecteurs du Figaro d’un exotisme mêlé de fanatisme mystique, que le journaliste conclut à la fin par une mise en comparaison sexiste digne de l’apathique bourgeois qu’il est.
Néo-amazones ukrainiennes dans Archives 82121274nh0
Elle ne plaisante pas. Nous, on aimerait bien. Mais la dextérité avec laquelle les donzelles jouent avec tous ces objets tranchants nous en dissuade. A en croire les Grecs (le vénérable Hérodote, entre autres), les Amazones (étymologiquement : «celles qui n’ont pas de seins», puisqu’elles se tranchaient la mamelle droite afin de mieux tirer à l’arc) avaient en effet la fâcheuse manie d’estropier ou de mutiler les hommes pour les utiliser comme esclaves. Et c’est justement à ces furieuses que se réfère sans humour aucun la sévère et austère Katarina. N’ayant pas la carrure d’Hercule (qui trucida leur reine Hippolyte au cours d’un de ses 12 travaux) ni le courage d’Achille (qui affronta Penthésilée devant les remparts de Troie), on préfère se tenir coi.Info ou intox ? Ces femmes guerrières, personnages récurrents de la mythologie grecque, ont-elles réellement existé ? «Evidemment, affirme leur admiratrice. L’Ukraine est leur berceau. C’est d’ici qu’elles sont parties à la conquête du monde. Les auteurs sont formels : elles habitaient sur les rives du Pont-Euxin, l’actuelle mer Noire.» Et pour nous le prouver, la cheftaine d’Asgarda nous conseille d’aller voir le professeur Oles Noga, chercheur à l’institut d’ethnologie de Lvov.

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Même s’il se montre plus modéré – voire circonspect -, l’homme de science confirme : «Je ne crois pas qu’elles se coupaient le sein droit ou qu’elles tuaient leurs enfants mâles. Ni qu’elles formaient une caste à part, exclusivement féminine et guerrière. En revanche, chez les Scythes, ensemble de peuplades nomades qui naviguaient entre l’Ukraine et l’Altaï, les femmes participaient aux activités militaires. Cette civilisation qui s’est épanouie entre le VIIe et le IIIe siècle avant Jésus-Christ vénérait la guerre. L’apprentissage militaire commençait à 5 ans, chez les femmes comme chez les hommes. Les Scythes des deux sexes étaient réputés excellents cavaliers et remarquables archers. C’est certainement l’origine des Amazones.»

Du haut de ses 26 ans, Katarina Tarnovska ne fait pas dans ces nuances. Son dessein ultime est bel et bien de reconstituer la communauté des Amazones. En fonction du degré d’initiation et d’aguerrissement, chaque élève se voit attribuer un grade : de 1 à 7. A chaque fois qu’elle franchit une étape, l’apprentie se rase une bande de cheveux au niveau de la nuque et des tempes, de sorte que l’on sache tout de suite à qui l’on parle, avec les égards dus à son rang. Pour les disciples, l’ascèse est de rigueur : pas de tabac, de café ou d’alcool. «C’est nuisible à l’organisme», explique la patronne, tout en sirotant un cappuccino.

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Réfractaire au christianisme («qui cantonne les femmes au second rôle»), la future gourelle de cette crypto-secte a concocté un étonnant syncrétisme, où le panthéisme primitif, le paganisme des Indo-Européens et le message védique s’entremêlent : «Nous cherchons la Voie, la fusion avec les éléments sacrés (l’eau et le feu). Si tout se passe bien, nous construirons un temple auprès d’une source. Ce sera le Khortitsia (île sacrée des Cosaques, ndlr) des Amazones. Un bâtiment de forme concentrique, dont le coeur sera l’autel. C’est là que j’habiterai avec mes vestales (les titulaires du septième grade). Un premier cercle dont les hommes seront exclus.»

Elle-même mariée (avec un général cosaque) et mère d’un bambin, notre visionnaire a prévu tous les détails, y compris les plus intimes : «Comme autrefois, les Amazones ne pourront avoir de relation sexuelle qu’une fois par an, le 21 juin, au moment du solstice d’été. En hommage au Soleil. Pas pour le plaisir, mais pour se perpétuer. Le géniteur devra être un guerrier, si possible un Cosaque, comme mon mari.» Et de nous détailler son accouchement, dans la baignoire familiale, préalablement remplie d’eau de source (matière fétiche).

Que deviendront les rejetons ? «Jusqu’à 3 ans, les enfants restent avec la mère. Ensuite, si c’est une fille, elle rejoint les Amazones. Si c’est un garçon, il reste avec les deux parents jusqu’à 7 ans, puis avec son père à 7 ans.» Il y a loin de la coupe aux lèvres : madame Ternovska peine à trouver l’argent nécessaire à l’édification de son gynécée philosophico-militaire. Mais elle y croit ferme. Apparemment, la vie conjugale lui pèse : «Dans mon temple, je pourrai enfin me reposer des hommes. Y compris du mien.» Ambiance à la maison.

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N’en déplaise à Katarina, il est douteux qu’elle fasse beaucoup d’émules. Dans l’Ukraine postsoviétique, les véritables amazones ne vont pas au temple mais en boîte. Casques blond platine ou noir corbeau, à l’uniforme sans génie mais efficace : décolletés généreux et micro-jupes. Les seules flèches qu’elles décochent, mais avec un talon certain, sont celles de Cupidon. Lesquelles font mouche à tout coup.

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